05/07/2005
Du sport... bientôt
Je dois impérativement perdre des kilos.
Cela fait plusieurs années que j'ai explosé le haut de la fourchette (si j'ose dire) du poids idéal.
Je n'ose plus y penser, ce doit être 82 kilos, j'en suis à 98.
98 c'est déjà pas mal car j'ai atteint les 115 et je m'étais "stabilisé" à 106/108.
Mais là, trop c'est trop!
Comment faire?
D'abord comprendre que je suis un mangeur.
Un gars qui apprécie. Un gars qui sait ce qui est bon.
Donc une victime en puissance.
Et ce d'autant plus que je fais (bien) la cuisine, tous les jours, et que j'adore aller goûter (en me re-servant) les bons plats de quelques restaurateurs.
J'ai d'ailleurs connu certaines des plus grandes émotions de ma vie dans des restaurants.
Loiseau, Passard, Robuchon, voilà mes maîtres.
Ca a commencé quand j'étais petit.
Mon père avait un ami chef qui venait parfois nous régaler à demeure de certaines de ces spécialités.
Et c'est en pensant à lui que j'ai réalisé ma première opération culinaire personnelle :
filets de sole à la crême, suivis d'une tarte aux pommes.
C'était aux Etats-Unis, j'avais 20 ans.
Bientôt la réputation de notre maison (que je partageais avec 5 jeunes femmes dont une évangéliste qui saisissait sa Bible après chaque étreinte) fit le tour du campus et nous régalâmes même les professeurs.
Je pesais 64 kilos alors. J'étais bien maigrelet.
Souvenirs.
Donc comment faire pour perdre ces kilos qui m'alourdissent et m'essouflent aujourd'hui?
J'ai trouvé.
C'est simple mais lent : manger moins.
Je sais que je semble imbécile de tant tergiverser et quasi minauder pour en arriver à pareille conclusion mais celles et ceux qui le vivent savent que cette simplicité est un aboutissement en soi et non un commencement.
Je suis prêt!
Et j'ai pris une résolution : 90 kilos à la fin de l'été.
Le sport?
Un ami m'a donné un tuyau : les sports portés.
Je trouve la formule magnifique; elle a comme un goût de révélation,
les sports portés!
Vélo : non. J'ai mal aux genoux.
Natation : des piscines javelisées dans l'eau desquelles flottent des cheveux et plongent des brutes hurlantes? No way!

Le palanquin?
La chaise à porteur?
L'aviron!
Mais ça ne fait pas mal au dos l'aviron?
Pas grave. J'irai voir mon chiro.
Il s'occupe de chevaux de polo.
Alors mes kilos, ça ne lui fait pas peur du tout.
Flip, flap! Flap, flap, clap! Creukk, crakk!
Haaaa!!!
Je m'sens déjà mieux.
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04/07/2005
Le vélocipède, Vicq d'Azyr, le saumon, mon grand-père
Il se passe beaucoup de choses en ce moment.
(S'en passe-t-il moins à d'autres moments?)
Par exemple, le Tour de France.
Aujourd'hui le Tour a quitté la bourgade de La Châtaigneraie en Vendée pour rejoindre Tours.
La Châtaigneraie!
C'est là qu'à la fin du 18ème siècle, un médecin et érudit local dont j'oublie le nom participa à la célèbre enquête que Vicq d'Azyr menait à la tête de La Société et Correspondance royale de Médecine .
Parenthèse : on doit à Vicq d'Azyr un discours de réception à l'Académie, au fauteuil de Buffon, dont le premier paragraphe enchantera les lecteurs de Flers et Callaivet dont je suis, 
Messieurs,
Dans le nombre de ceux auxquels vous accordez vos suffrages, il en est qui, déjà célèbres par d’immortels écrits, viennent associer leur gloire avec la vôtre ; mais il en est aussi qui, à la faveur de l’heureux accord qui doit régner entre les sciences et les arts, viennent vous demander, au nom des sociétés savantes, dont ils ont l’honneur d’être membres, à se perfectionner près de vous dans le grand art de penser et d’écrire, le premier des beaux arts, et celui dont vous êtes les arbitres et les modèles.
Elégance.
Fin de la parenthèse, revenons à notre médecin de La Châtaigneraie.
Cet homme tenait des registres bien à jour.
On y lisait qu'à l'époque, en Vendée et sur les bords de la Loire en général, les journaliers avaient fait mention dans leurs cahiers de doléances de leur désir de limiter à trois fois par semaine le saumon dans leur ordinaire. Cette doléance n'avait rien d'anecdotique et léger, il s'agissait bien d'une revendication sociale majeure, des échauffourées s'étaient produites déjà sur ce sujet.
Le saumon de rivière (de fleuve) était alors considéré comme un aliment commun, parce qu'il était abondant, et les riverains pauvres en avaient plus qu'assez de le voir systématiquement figurer à leur ordinaire. Leur agacement s'étendait d'ailleurs aussi au poireau, qu'ils abhorraient.
Ils n'auraient donc, par exemple, pas goûté mon saumon au gros sel sur émincé de poireau.
Les malheureux!
Ce cahier de La Châtaigneraie fut, avec tous les autres, porté au Tiers Etat, mais ceci est une autre histoire.
Ainsi donc à La Châtaigneraie en Vendée, un médecin et honnête homme s'illustra jadis.
Vous me direz qu'aujourd'hui, à La Châtaigneraie même, plusieurs prodiges médicaux se sont élancés pour parcourir à vive allure une étape de 212,5 km.

Je veux bien croire que l'entraînement et une condition physique optimale peuvent nous transformer, dès lors que nous avons quelque don, en cycliste d'exception mais enfin, quand même, pas à ce point.
Lorsque j'enfourchais ma Bentley vélocypédique, un magnifique bicycle avec suspension totale du cadre procurant un confort sans égal, et parcourais mes 50 petits kilomètres de collines navarraises, je mesurais à quel point l'usage de quelque stimulant m'aurait seul convaincu et permis de pousser plus encore mes efforts surhumains.
Et ce d'autant qu'après quinze jours de pratique assidue je dus m'arrêter net, genoux en feu, rotules définitivement irritées et douloureuses.
Mon grand-père me disait toujours : "pas besoin de faire du sport pour avoir un corps d'athlète!"
Certes.
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