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27/02/2008
Cadillac
Je revisionne pour la énième fois le DVD "Imagine John Lennon"
I don't believe in Beatles, I just believe in me, Yoko and me, and that's reality.
The dream is over, what can I say ?
Mais aujourd'hui, sans doute parce que je suis tout mou, suite à l'ingestion d'une grande quantité de piments dans un délicieux restaurant chinois spécialiste de la cuisine du Sichuan et d'une visite appuyée chez Alain Passard,
aujourd'hui donc je prends tout en pleine poire.
Et je repense...

..au jour où j'ai vu les Beatles dans des Austin mini noires à Tunbridge, où était-ce à Sevenoaks ?,
..à nos éternelles disputes sur qui des Stones ou des Beatles étaient les révolutionnaires et c'était clairement les Stones mais que l'on mettait tous John à part,
..au jour où le speaker a annoncé la sortie de Sgt Pepper's et quand j'ai foncé à la distribution GRATUITE de l'album qui était faite en plein centre de Londres,
..au jour où j'ai entendu l'accouchement du bébé mort de John et Yoko sur un disque vinyle que personne d'autre que moi ne semblait connaitre, encore moins posséder,
..au concert du Madison Square Garden avec Elton John et Lennon, comme on fonçait sur la route, totalement défoncés, sous la neige et dans le froid parce qu'on avait ouvert les vitres de la voiture pour aérer et enlever la buée et que le chauffage ne marchait pas, et le moment où un cheval a traversé devant nous sous des trombes de neige et que l'on s'est arrêtés pour le ramener dans un champ sur le côté de la route, on avait des 6 packs sur l'accoudoir central et on est arrivés en retard,
..à Michael qui détestait Yoko, auquel je faisais écouter tous les enregistrements de cette femme que j'ai toujours appréciée et dont il est finalement devenu l'homme de confiance pendant 7 années,
..au jour où je me suis retrouvé dans la cuisine de John à New York et que j'ai pensé me retrouver pétrifié sur place tant j'étais impressionné. Je ne voyais que l'un des coussins tricoté main qu'il avait fait, pendant que j'enlevais mes chaussures pour ne pas abimer la moquette blanche de l'appartement,
..à la soirée avec Sean, adorable, à Hoboken, et son amie japonaise de Cibo Mato, et Yoko qui était là et Dane qui surveillait et nous a tous ramené à NYC dans la gigantesque voiture délirante qui était la sienne.
Que de profondes émotions,
Quand j'ai cru m'enfoncer tout entier dans la glace et la neige alors que je ne faisais qu'enfoncer mon pied dans une flaque glacée que je n'avais pas vue,
et, comme par hasard, leur maison à côté de là où nous vivions,
tout près de l'étang du fou qui plongeait pour aller chercher les anneaux qu'il plaçait lui-même sur les cornes d'un cadavre de vache qui gisait au fond, un gars qui vivait dans une Cadillac limousine et qui jouait de la cornemuse pour se faire quelques ronds, et ce n'est pas celle de la photo parce que celle de la photo c'est celle dans laquelle on a roulé pour aller à la première du film Tommy...
et du jour de la mort de John.
Il y a un peu plus de 27 ans.
C'est tout.
20:00 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : lennon, john lennon, yoko ono, beatles
25/02/2008
Mary J. Blige
Mary J. hmmm...Je l'écoute en ce moment et je me reprends à l'apprécier énormément.
Y compris avec les "friends" que sont The Game, qui lui rend un hommage bien senti et archi-justifié, Common, Ghostface, Methodman et l'un de mes chouchous... Busta Rhymes avec le tube "Work That". Hit me luv !!!
Et même les autres me paraissent... comment dire? Meilleurs à ces côtés. 50, Ludacris et Jadakiss compris. Yo!
C'est mon côté Bad Boy :)
Thanx M.J.
08:02 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24/02/2008
Histoire de famille ?
Depuis que je n'écris/n'écrivais plus ici je me disais parfois que je devrais reprendre l'ouvrage.
Certains me le demandaient ou du moins s'enquéraient parfois de ce que Le Migou écrirait à nouveau ou non.
Les mois ont passé, les années même, j'ai fait d'autres choses qui ont pris le pas, contribuer à la création et au développement d'une entreprise, m'engager en politique, plus encore qu'auparavant, et surtout « l'envie de » ne me saisissait plus.
Mais aujourd'hui j'ai vu quelque chose qui m'a à nouveau donné envie de partager mon enthousiasme.
Il s'agit d'un film.
There will be blood

Ce film est si grand, si dur, si beau et si extraordinairement profond que l'on en reste tout simplement abasourdi.
Il ya quelques explications raisonnables, bien sûr.
La première de toutes c'est qu'il s'agit à l'origine d'un roman du formidable Upton Sinclair, grand auteur américain, un peu oublié aujourd'hui mais qui fût l'une des grandes figures de la littérature avant la deuxième guerre mondiale.
Upton Sinclair fait partie de la famille des auteurs tels que Jack London qui mirent leur science de littérateurs au service de leurs convictions politiques, en l'occurrence socialistes.
La deuxième raison est l'adaptation elle-même, au sens du scénario. Elle est l'oeuvre de Paul T. Anderson. C'est au couteau finement aiguisé, couteau qu'on a d'ailleurs le sentiment d'avoir sous la gorge pendant tout le film.
La troisième est la cinématographie, c'est à dire la mise en image animées; tout ce qui comprend le choix des décors, naturels ou non, le rythme donné par le montage, la photographie.
La quatrième est la qualité du jeu des acteurs au nombre desquels Daniel Day Lewis est époustouflant mais entouré de quelques personnalité telles que Dillon Freasier qui joue le fils jeune, impeccablement dirigé par Paul T. Anderson, ou encore Paul Dano.
La cinquième est l'épique américain tel que John Ford ou Tarkovsky (je sais qu'il est russe mais ça ne fait rien: c'est la même chose) l'ont illustré; l'espace, les espaces et la conquête de ces espaces par l'homme, en même temps que la futilité tragique de cette conquête.
La sixième est l'actualité de ce film ou plutôt son effrayante relation à "aujourd'hui les USA": Is there a sinner here looking for salvation ?
Avec la question posée en bloc à tous les américains aujourd'hui: "Do you accept Jesus Christ as your saviour?"
Enfin, pour cimenter le tout et l'amener sur les cimes des chefs d'oeuvre du cinéma mondial (et je pèse mes mots) on a bien sûr la surprise due à la construction narrative et cinématographique de ce film, il n'est pas une épique, pas une épopée mais simplement une histoire de famille, celle qu'un homme ne parvient pas à se construire.
Une histoire de famille. "I have abandonned my child"
7 raisons ? Comme par hasard...
Depuis mon enfance, et sans doute parce que je suis moi-même peu au clair avec ce que sont la réalité et le sentiment familial et filial, je suis fasciné et profondément troublé par les oeuvres qui abordent ces thèmes, qui les exposent et les illustrent.
Oliver Twist, Les Grandes Espérances (Dickens et David Lean, que je lie pour l'éternité), John Ford, Coppola ( Le Parrain, à l'évidence) mais aussi et d'abord Murnau (Aurore) ou Lang et aussi plus tard Hitchcock (Marnie) ou Huston ( dont la diction me semble avoir inspiré ici Daniel Day Lewis) et Polanski (celui de Chinatown surtout).
Mais ce film est aussi celui de la COLÈRE en tant que mode d'expression de la souffrance et de l'incapacité à communiquer (je me retourne contre moi-même), mais aussi de la colère "mythique" ( en particulier aux USA des prédicateurs « the Wrath of God »), et pas comme mode d'expression collective de la révolte, premier pas de la prise de conscience, premier pas de la pensée politique qui peut conduire au socialisme qu'appelait de ses voeux Upton Sinclair.
Ce qui m'amène à un deuxième point de reprise (on dirait de la couture)
Mon ami Henri Verdier m'a recommandé la lecture d'un livre intitulé "Colère et temps" d'un dénommé Peter Sloterdijk.
Il en a écrit une recension sur Nonfiction.fr
Je recommande moi aussi la lecture de cet ouvrage passionnant mais j'en viens au fait qui motive mon retour, ce qui a amené Henri à me recommander cette lecture c'est qu'il y a trouvé, m'a t'il dit, mon portrait.
Que je livre ici.
" Dans une lettre adressée à Karl Marx le 13 février 1851, Friedrich Engels a formulé une partie des règles de prudence politique, qui permettent au révolutionnaire de survivre au coeur du "tourbillon" historique. Il faut entre autres veiller jalousement à sa propre supériorité intellectuelle et à son indépendance matérielle « en étant objectivement plus révolutionnaire que les autres ». Il convient par conséquent d'éviter toute position officielle dans l'Etat, et si possible aussi toute fonction au sein du Parti. Quand on est objectivement révolutionnaire, on n'a pas besoin d'une confirmation formelle de l'administration – ni des acclamations « d'une bande d'ânes qui ne jurent que par nous parce qu'ils nous prennent pour leurs semblables ». Donc « pas de siège au comité trucmuche, pas de responsabilités pour les ânes, une critique impitoyable de tous, et là-dessus cette gaieté que toutes les conspirations de têtes de mouton n'arriveront tout de même pas à nous prendre »".
Et voilà donc que je trouve une explication intellectuelle à mon attitude de toujours.
Ouf !!
Je m'en vais l'imprimer et en conserver le texte sur moi en permanence pour m'en servir dès que de besoin.
20:08 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note










