15/09/2005
Quand tout est possible
Dans mes plus jeunes années, et j'en conserve encore la trace sinon le goût, j'étais convaincu que le monde peut être changé et que nous [et donc moi] le changerions. En mieux.
Je me suis beaucoup frotté à la politique, aux organisations, aux militants et responsables, aux dirigeants.
Petit à petit un certain désenchantement a vu le jour en moi, encore mâtiné de rage certes, mais désenchantement néanmoins.
Et pourtant, finalement assez souvent, quelque chose me redonne un coup de fouet, me permet d'avancer à nouveau plutôt que de m' avachir définitivement.
Une chanson, un livre, une photo, un poème, un tableau, un film, une série télé, généralement, toujours en fait, une création.
Et puis mes mieux aimés, bien sûr.
Mais avec eux je tremble aussi de la tête aux pieds en pensant à ce monde qui avance si titubant, si lentement, si infinitésimalement lentement, vers le mieux, vers le plus doux.
Et je pense que cette progression si lente est ce qui fragilise notre monde, le menace à chaque seconde d'effondrement, d'explosion sous les coups de boutoir de la nature ou de l'homme.
Je crois en la vitesse. Le risque, c'est la lenteur.
Et Dieu sait qu'il y a de l'acharnement à freiner, empêcher, massacrer, détourner, dégueulasser.
Alors un petit coup de baguette magique, un geste simple, une icône bienvenue; ça fait du bien.
Là, maintenant, c'est le nouveau disque de Paul McCartney.
Et je me fais à l'idée que c'est de plus en plus rarement un politique, un responsable, un dirigeant, qui va m'épater, me convaincre et m'entraîner.
Ce sera « the fool on the hill ».
Pas plus mal.
C'est assez marrant quand j'y songe.
J'en voulais éperdument à Paul de son talent, de ses facilités, de son apparent détachement et de son intérêt pour des choses si légères qu'elles me semblaient parfois ne pas exister du tout.
J'aimais John.
Conscience, révolte, engagement manifeste.
Je continue de l'aimer.
Et Paul aussi.
Ça va mieux en le disant.
Avec Paul on en revient à : ma première grande cause, c'est moi.
Ce qui empêche l'égoïsme c'est l'objectif ultime : aller mieux avec les autres, participer à l'ensemble.
Finalement tout est possible,
we can change the dark clouds from the sky.
Je me sens repartir.
Thank you Sir Paul.
ps: le nouvel album de Paul s'intitule Chaos and Creation in the Backyard
Muzikafon !!
00:05 Publié dans Musique, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note










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