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15/08/2005

De A à Z

Nous rendant de la petite ville de A. au village de Z., nous nous faisions la remarque qu´après toutes ces années à arpenter nos petits paradis, nous n´avons exploré qu´une petite partie de l´Andalousie. Nous avons décidé que cela n´a aucune importance.

Bref. À Z. je me tords méchamment un pied, le gauche, entend un crraaac sur le coté gauche de ce même pied et en suis réduit à claudiquer jusqu´à la piscine où m´attendent mes mieux-aimés. ¡Consternación!

Je passe l´après-midi à trottiner d´un pas de plus en plus lent et douloureux. Le soir venu, nous décidons de nous rendre à B. pour y quérir les onguents réparateurs que quelque rebouteux local ne manquera pas de me recommander. Ma pensée en la matière ne varie pas: c´est dans les régions où le travail manuel agrestre règne en maître que les bobos et blessures qui l´empêchent sont le mieux et le plus rapidement guéries.

Arrivé à B. je me traîne jusqu´au comptoir d´un pharmacien qui m´indique d´un geste impérieux l´hopital, de l´autre coté de la rue.

Je m´y rends.

À peine en approché-je qu´un bel andalou incompréhensible vétu de vert [nous sommes en Andalousie] se rue sur moi en poussant un fauteuil d´invalide vide, il m´est destiné!

Ainsi installé je fais mon entrée dans cet établissement financé par la junte [j´adore!] et suis quasi instantanément examiné par un médecin qui n´a qu´un mot: eguinze. Il ordonne à une infirmière de me bander le pied fermement de manière à maintenir icelui en position pliée sinon, m´affirme t´il, le pied pendra comme un gant de toilette lorsqu´il sera "guéri". Douleur assez vive. Quinze jours avec béquilles sans poser le pied par terre, pas de nage, aucun exercice, jambe en l´air la nuit venue [ce qui peut paraître plaisant de prime abord mais ne l´est pas] et forte dose d´anti-inflammatoires. Vaste programme!

Nous sortons, sans avoir rien à débourser [parce que j´ai voté OUI, sinon c´était au moins 1000 €] et faisons une rentrée triomphale dans la pharmacie où l´apothicaire se réjouit de me retrouver et me refile béquilles, muletas, et anti-inflammatoires.

Tel le vieux matador blessé mais vivant je sautille jusqu´au parc municipal de B. où nous nous attablons pour un repas-repos bien mérité.

Nous sommes dimanche soir, le parc est plein de mamies laquées et d´étourdissantes donzelles. Nous sirotons.

Deux jours plus tard, Ana et Carmen, les charcutières de A., alarmées par ma situation, qui leur a été rapportée par mieux-aimée, se rendent à mon chevet et m´enjoignent de me rendre le soir même chez José et sa soeur Rosa qui sauront me remettre sur pied, eux!medium_aua28785.jpg

Je m´y suis rendu.

En suis ressorti claudiquant mais marchant et me suis baigné subito dans l´eau claire, et un tantinet frisquette, de la piscine de nos amis K.

Le lendemain, visite de remerciement à Ana et Carmen. Achat d´une morcilla de compétition et d´un bon gros morceau de relleno délicieux.

Retour chez José, qui m´a pris en mains, le soir venu. Là encore, stupéfaction, je ressors encore mieux. Pendant 10 jours les progrès quotidiens sont prodigieux. Et pourtant le sort s´acharne: mort de la grand-mère de José qui perturbe notre programme commun en empêchant trois séances, re-mini torsion du pied avec gonflement de belles et inquiétantes couleurs, fatigue de devoir emprunter les tortueuses et "roller coaster" ruelles de A.

D´autant que notre rue favorite s´est effondrée sous les assauts répétés de colossaux engins de chantier, nous contraignant à d´impossibles tours et détours.

José et Rosa sont des physiothérapeutes. N´ayant jamais eu de bobos de ce type je ne connaissais pas cette formidable corporation: je vous en recommande les membres.

Dès mon retour en la capitale franque je me fixe un programme complet de physiothérapie.

C´est dit!

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