01/07/2005

Old pots, good soups

A 64 ans Bob Dylan continue d'enchanter ses fans tout en râlant sans cesse.
Il continue de se moquer de sa voix, qu'il ne pourra jamais changer, de limiter la durée de ses concerts (comme en '70), et d'être tout bonnement formidable sur scène comme sur disque.
Il est en cela semblable à Neil Young ( qui frôle ses 60 ans, pépère).
Un groupe de musiciens impeccables assure monstrueusement derrière lui.
C'est tellement américain qu'on se dit en l'écoutant que les européens continuent de faire venir Dylan pour de mauvaises raisons, alors qu'il est lui, comme Zappa l'était aussi, si américain qu'il n'y a que là-bas qu'il peut se produire vraiment.
On pense évidemment aussi à Jerry Garcia (avec le JGB plutôt que le Dead).
Lequel Jerry aurait aujourd'hui près de 63 ans s'il était toujours vivant.
La dernière de Bob, The Bob Dylan Show, est une tournée bicéphale avec un set perso de 100 minutes sur scène, rappels compris.
En fait, pendant deux mois Bob a tourné avec Merle Haggard, j'aurais voulu voir ça.
Il parait même que Dylan a dansé sur scène. Un peu comme lors de la Rolling Thunder Review.
Ça a du être quelque chose.
Master Zimmerman est précis. Il publie les playlists de ses concerts, y compris des rappels dans la journée qui suit.
Où ça? Sur son site.
Le 24 juin dernier, Bobby chéri était dans le New Jersey, où il se produisait au "Yogi Berra Stadium", home to the New Jersey Jackals.
Et Le Migou a tout entendu!
Cette fois-ci, Bob Dylan se produisait avec Willie Nelson (72 ans et toutes ses dents) and Family.
C'est cette affiche qui est désormais celle du Bob Dylan Show en tournée.
Dans une ambiance estudiantine (Yogi Berra est situé sur un campus) et quelques odeurs de hotdogs (heureusement on est en plein air), devant des jeunes gens gobant des litres de boissons non alcoolisées, le senior y fut introduit par ces mots: ... the poet (...) who emerged to find Jesus.
Au tout début du concert on a l'impression que Dylan est enroué (un comble!) mais peu à peu, au fur et à mesure des chansons, sa voix (!) revient.
Une version magnifique de "Stuck Inside Of Mobile With The Memphis Blues Again",
le rappel classique "Like a Rolling Stone".
Même si sa nature d'hymne est un peu agaçante (briquets allumés [rare aujourd'hui], machins plastique luminescents agités, enlacement immédiat de jeunes couples à l'air béat), "Like a Rolling Stone" reste top.
Faut le reconnaître.
Comme l'a écrit Dillon Wallin :
This is Good Music; not complicated, but not simple, just hard-working American musicians taking their show to the people.
J'adore!
Pour vous autres qui n'irez pas farfouiller, v'là la playlist :
1.To Be Alone With You
2.Tonight I'll Be Staying Here With You
3.Tweedle Dee & Tweedle Dum
4.Just Like A Woman
5.Cold Irons Bound
6.Desolation Row
7.Highway 61 Revisited
8.Not Dark Yet
9.Stuck Inside Of Mobile With The Memphis Blues Again
10.Make You Feel My Love
11.New Morning
12.Summer Days
encore :
13.It Ain't Me, Babe
14.Like A Rolling Stone
ps : ne vous inquiétez pas (je cause aux mécréants), Yogi Berra n'est pas un yogi genre Mahavishnu Maresh, non.
C'était un joueur de base-ball dont son meilleur pote trouvait qu'il ressemblait à un indien (des Indes).
Hence le surnom. C'est tout.
Je précise parce que je sais comment c'est.
"Ouais, Ok? C'est Le Migou qui le dit. Dylan, et ben y joue pour une secte, celle du yogi Berra. Alors tu vois, c'est grave!"
Ben non, c'est rien.

Muzikafon !!

30/06/2005

Le plombier polonais, ça je savais. Mais le Hip Hop Polonais ? Ça j'ignorais !

Attention!
Ils arrivent.
Qui ça?
Mais Verba bien sûr.
Verba, le hip hop polonais.
Très européen, très londonien, trip hop plutôt que gangsta,
chez Le Migou on écoute l'album Osmy Marca que vient de sortir le groupe d'outre Wisła.
Que celles zé ceux qui s'interrogent sur le sens "d'outre Wisła" en réfèrent au Migou subito.
Ils/Elles recevront une liste d'ouvrages savants sur la géographie et l'histoire de notre Europe chérie dont la lecture, revigorante, fera d'elles/eux de véritables spécialistes de la chose européenne.
Enfin!
Mes connaissances de la langue de Wisława Szymborska sont nulles.
Je n'ai donc pas des masses de renseignements à vous livrer.
Juste un résultat de promenade sur le Net.
Verba est apparemment constitué de deux compères, Bartas et Ignac.
Vous pouvez, si vous êtes polonophiles et avertis de la langue de Kazimierz II Sprawiedliwy, vous repaître de nombreuses informations sur le site de la Gazeta Muzyczna
Vous pourrez y goûter à quelques extraits sonores de Osmy Marca (j'ai l'impression que Osmy veut dire 8, mais c'est sans certitude)
Il y a certes une tendance aux harmonies claydermaniennes chez nos nouveaux amis.
On a parfois le sentiment qu'ils agitent gaiement leurs petits petons dans le Bugiem ou la Narwi, tels d'innocents enfants abreuvés aux ondes de leur télévision nationale.
On s'attendrait à mieux chez des compatriotes de Fryderyk Chopin, c'est vrai, mais cette tendance claydermanienne, que je qualifierai de défaut de jeunesse (je suis dans un très bon jour), ne parvient pas à masquer complètement un talent et une forme de richesse harmonique qui font plaisir à entendre.
Ainsi j'aime bien Zza brudnej szyby, le 17ème titre de l'album qui en compte 20.
Et puis, évidemment, je ne résiste pas à vous faire partager ceci,

dalèy, dalèy, dalèy,
iznouf, iznouf, iznouf,
iznouf, nouf, nouf, nouf

C'est extrait du refrain et de l'adlib de Chcę tam być une autre des compositions de nos duettistes.
Je l'ai retranscrit à ma manière qui n'est certes pas l'Esperanto du regretté
Ludwik Łazarz Zamenhof, l'illustre.
La Pologne nous a donné une excellente vodka, un pape, un syndicaliste chef d'état, des bisons sous la neige, des cinéastes, des poètes, des écrivains, le créateur de l'Esperanto, des musiciens, un plombier,
il est donc juste et bon qu'elle nous donne aujourd'hui son Hip Hop.

Hier je vous livrais le secret des publications scientifiques,
aujourd'hui le Hip Hop polonais.
Il me semble que vraiment, là, maintenant,
vous pouvez briller,
comme de petits astres.

29/06/2005

Je suis scientifique !!

Une nouvelle rubrique de votre ami Le Migou, pour vous aider
Secrets de Beauté
La vraie beauté : celle qui est à l'intérieur!
Désormais vous pourrez briller en société, épater vos amis, sidérer vos collègues à l'ANPE, faire s'étrangler de jalousie votre meilleure amie, porter des grosses lunettes à double foyer et monture d'écailles de tortue, qui est une espèce protégée donc, non, pas de montures d'écailles de tortue.
Attention : ce sont des secrets... il convient donc de ne pas les divulguer, ni les partager d'aucune manière avec qui que ce soit, amis, parents, famille même, tous sont de potentiels révélateurs.
Sshhh
Premier secret :
À mes heures perdues je suis un scientifique de renom international.
Waouw! Incroyable!
Moi qui ne sait même pas faire une division avec des retenues et des virgules!
Et oui. C'est aussi ça Le Migou : service, service.
Épatez vos amis en laissant traîner chez vous des publications scientifiques dont vous êtes l'auteur, aux cotés de signatures prestigieuses.
Exemple :

The Effect of Multimodal Methodologies on Steganography
Le Migou, Missy Elliott, Brian Wilson and Van Morrison

Pas mal n'est-ce pas?
Vous ne me croyez pas?
Vous pouvez consulter ce savant ouvrage ici

"Mais alors", vous dites vous, "comment puis-je, moi aussi, commettre d'aussi fondamentaux articles?"
Très simple. Il vous faut,
1/ Comprendre la langue anglaise.
Je vous rappelle que toutes les grandes publications scientifiques sont en langue anglaise (sauf, bien sûr le propergol du rêve dont j'ai fait mention déjà, le Bulletin de la Société de Linguistique de Paris ).
2/ Cliquer ici et suivre les instructions.

Recommandations :
N'en faites pas trop (je sais, c'est difficile), ne faites jamais traîner plus de deux articles.
Ayez toujours au moins un même co-signataire, vous pourrez dire qu'il s'agit de votre mentor.

Par exemple, Le Migou.

28/06/2005

Des recettes? Un livre de cuisine? Méçé Missy!

Parfois les ainés viennent mettre un peu d'ordre dans la confusion généralisée.
Hep! Grand frère!
Hep! Grande soeur!
Dans le monde du hip hop, le besoin d'ordre et d'harmonie est un peu sous-estimé par quelques gangstas de pacotille, quelques macs d'opérette, des slammers de sous préfecture.
Mais, de temps en temps, Mékoi? Mékèsse? Méçé Missy!
Sans doute le savez vous déjà? Bien sûr.
Missy Elliott vient d'autoriser la vente en bacs et sites de son dernier opus : The Cookbook

My style can't be replicated or re-cycled!
This chick is a sick individual.

Oooh Missy!!

Peut-être avez-vous aperçu le clip qui illustre, de manière assez neuve, le titre "Lose Control"?
Non? Oui?
Vous voulez vous maintenir à flot, ne pas perdre pied, rester hype?
C'est normal.
Je recommande "We run this", le titre 8 de cet excellentissime album.
Un album classik qui devrait réjouir petits et grands.

Mais, mais, mais kèsse keu çé ?
Une deuxième nouvelle?
Vi!
Car c'est aujourd'hui 28 juin que sort l'album de Royce Da 5'9'', un garçon bien talentueux que j'ai déjà évoqué dans ces colonettes.
Titre de l'album : "Independent's Day"
Oups! J'mé trompé.
"Independent's Day" sort aujourd'hui aux USA.
Il sortira le 11 juillet en France.
C'est que c'est vach'ment compliqué de sortir un disque le même jour dans plusieurs pays.
Vous vous rendez pas compte.
Tout le mal que se donne The Industry.
Bref.
Royce da 5'9'', lui se donne vraiment du mal.
Et c'est du bon.
Assez soul façon King Records si y en a qui voient ce que je veux dire.

Y en a des qui me demandent une playlist.
Je ne sais pas faire mais celle-ci est pas mal. Sans plus.

Muzikafon !!

27/06/2005

Into the West

C'est magnifique parce que le pays est magnifique.
C'est magnifique parce que c'était des êtres magnifiques.
C'est magnifique parce que la somme de talents rassemblés pour nous conter tout cela nous gratifie d'une oeuvre unique.
Cela s'appelle Into The West.
C'est la nouvelle série télévisée produite par Steven Spielberg, diffusée sur TNT (une de plus, décidément).
Elle a débuté le 10 juin, nous en sommes au troisième épisode, il y en aura 6 au total.
Beaucoup d'images n'évoqueront rien aux spectateurs français parce qu'elles sont inscrites dans l'imaginaire américain, dans les livres que l'on lit enfant, que l'on a lus petit, et qui nous ont transporté dans un monde disparu et magique, celui des indiens et des trappeurs.
Nous sommes en 1825, et nous allons suivre la destinée de deux jeunes gens, l'un indien, Loved by the Buffalo, et l'autre, blanc, Jacob Wheeler.
Jacob est un dévoreur de romans et de journaux d'exploration de son temps.
Il sait les noms des trappeurs et aventuriers qui, dès cette époque, arpentent les États-Unis d' Est en Ouest et du Nord au Sud.
Il se sent prisonnier de l'atelier de fabriquants de roues que possède son père, qui fut un homme des premiers "settlements" de l' Est américain.
Un jour, il part.
Il quitte ce qui nous paraît désormais comme un monde simple et bucolique pour arpenter le sol américain avec les hommes de Jedediah Smith, un intrépide. Un homme étonnant, qui lit et conseille à Jacob Wheeler de tenir son journal.
C'est ce journal qu' Into the West nous fait découvrir.
Le monde de Jacob et Jedediah est un monde rude, violent, brutal. C'est leur monde et rien ne nous en sera caché.
Mais c'est aussi un monde de paysages à couper le souffle, de rencontres extraordinaires et de destins exceptionnels.
Loved by the Buffalo est un Lakota. Il doit son nom à un événement prodigieux qu'il a vécu : un troupeau de bisons lui a foncé dessus comme autant de locomotives et ces centaines de bisons l'ont épargné, passant de gauche et de droite sans jamais le toucher.
Loved by the Buffalo est habité par des dons exceptionnels de guérisseur et de visionnaire.
Son monde est lui aussi la proie des ambitions, des trahisons et des lâchetés.
C'est aussi un monde splendide, un monde de grande beauté, mais c'est un monde qui est appelé à changer si profondément, si absolument et violemment que Loved by the Buffalo, qui le sait, ne peut être qu'un "outcast", un "loner".
Au confluent des mondes de Jacob et de Loved by the Buffalo la violence est extrême, la rage, la rapacité et la bêtise règnent.
Nos deux amis vont se rencontrer...
Et nous,
les suivre,
et les aimer.

24/06/2005

Kyra Sedgwick a.k.a Brenda Leigh Johnson

Coucou!
C'est jeudi, c'est le jour des séries.
Etazuniennes bien sûr.
Et, coup de bol, je viens d'en découvrir une formidable :
"The Closer".
Et, un bonheur n'arrive jamais seul, une formidable actrice pour nous emballer tout ça : Kyra Sedgwick.
Je ne la connaissais pas. Son nom ne m'évoquait rien. Mais en la voyant j'ai eu le sentiment de l'avoir déjà vue quelque part. Peut-être au bras de Kevin Beacon, son mari? Ca doit être ça!
Un nom du sud, Brenda Leigh Johnson, un accent georgien à couper au couteau, un passé de femme amoureuse, baladée par un amant qui lui avait promis de divorcer, l'a fait finalement, pour en épouser une autre et partir vivre à Los Angeles.
Brenda Leigh, Brenda à L.A., est flic. Elle est même un excellent détective. Elle a eu une formation d'interrogateur à la C.I.A. Elle a été flic à Atlanta et à Washington. Elle est désormais directeur adjoint de la criminelle de L.A., avec un service à elle, un service très pointu qui n'enquête que sur les crimes impliquant des "célébrités".
Brenda a un chef, joué par l'épatant J.K. Simmons, nommé Henry Pope.
J.K.Simmons jouait J. Jonah Jameson le patron de Peter Parker a.k.a "Spiderman".
Et aussi Garth Pancake l'un des malfrats de "The Ladykillers", le film des frères Coen.
Dans "The Closer" Dear Henry est l'ex de Brenda. Le lacheur. L'enfoiré.
Brenda a un assistant, le sergent David Gabriel, interprêté par un splendide Corey Reynolds. Il veut l'aider. Par exemple, en conduisant sa voiture, car elle se perd sans cesse dans L.A. et arrive en retard sur toutes les "crime scenes". Mais elle a du mal à accepter de baisser sa garde, à accepter qu'on l'aide.
Enfin Brenda a une obsession: la bouffe. Mais elle ne veut pas céder. Elle ne cède pas. Elle est superbe.
Bref je suis dingue de cette série qui est absolument portée par cette magnifique actrice : Kyra Sedgwick.
Une parente d'Eddie ?
Peut-être bien.
Si c'est le cas, elle en a hérité le charme et la dinguerie.
On a eu Peter Falk en "Columbo", on pourrait bien avoir touché un nouveau gros lot de la série avec Kyra Sedgwick en "The Closer".
C'est mon avis.
Et puis, vous avez vu? J'ai rien dit sur les enquêtes (1 par épisode)!
Moi pas spoiler!
Et pourtant, y aurait à dire!
Mais non, je dirai rien.
Calculons. Cette série a démarré il y a deux semaines sur TNT.
Quand arrivera t'elle sur nos écrans?
Juillet 2006 ? Avant ? Après ?
En V.O. ou en V.F.? J'en frémis.
Vite! Au lit.

23/06/2005

Eno ? ¡Y si!

Les bacs et sites de vente à distance proposent au chaland, depuis le 14 juin dernier, d'acquérir la dernière rondelle de plastique de Brian Eno :
"Another Day on Earth".
Je n'en avais pas parlé alors que je l'écoute quasiment chaque jour.
Avais-je inconsciemment décidé de garder ça pour moi ?
Aujourd'hui je répare.
Si vous voulez entendre, voire écouter, des sons agencés par celui qui préfigure les sons de tout de suite après demain, oyez donc ce nouvel opus.
Si vous voulez rafraichir votre cerveau à une source bienfaisante d'intelligence, d'innovation et de calme énervé et conscient, oyez "Another Day on Earth".
Vous connaissez ma théorie sur Eno : je sais qu'il a découvert le secret du Tube et que, tel le Nicolas Flamel de Harry Potter, il a décidé de ne pas s'en servir.
Il s'en fiche. Comme il le dit lui-même,
"je ne sais pas très bien à quoi sert de rajouter une nouvelle galette de plastique aux milliers qui sont produites chaque année".
Eno est quelqu'un d'engagé, dans son art et dans sa vie. Si vous cliquez ici et ici vous en aurez deux exemples [le deuxième est commis par un journaliste écossais fan hystérique de Roxy Music, trés drôle].
Eno est un artiste conscient. Cela lui permet de se mettre au service des autres [Bowie, U2, Byrne, Lanois, James, Cale, etc.] et de les aider à évoluer, à condition qu'ils l'aient décidé eux-mêmes.
Ces dernières années [15 années en fait] Eno avait décidé de ne plus chanter sur ses propres disques.
Le dernier disque de Eno chanteur en date était donc "Wrong Way Up" qu'il avait produit avec John Cale. Un disque qui fit date et qui figure en bonne place au panthéon des oeuvres d'influence.
Avec "Another Day on Earth", Eno reprend le chant et il frappe, juste et doux, incisif.
De cet album se dégage comme une sérénité inquiète.
Toutes les nappes de sons qu'il émet nous enveloppent comme de la ouate mais elles ne nous endorment pas; elles nous regénèrent, nous revitalisent, nous parrent à l'attaque de Just Another Day.
C'est, en particulier, le cas de "And Then So Clear" et de "How Many Words".
Et puis, soudain, attendu et inespéré à la fois, LE morceau : "Under".
Ce morceau est un de mes favoris depuis des années. Vous m'avez bien lu : des années.
Sans doute avait-il disparu des bacs et des mémoires si tant est qu'il y ait figuré jamais.
Je voudrais bien savoir ce qui a motivé Eno à inclure ce phénoménal nanopéra dans ce disque.
5 minutes et 19 secondes.
C'est la durée de "Under".
Une éternité : c'est la durée de vie de "Under" dans votre mémoire.
"Another Day on Earth" est un disque qu'il vous faut,
"Under" est ce sans quoi vous ne pouvez plus vivre.
Carrément.

Muzikafon !!

22/06/2005

Chaleur

Il était beau, bien vert et piquant,
tout plein de petites roses.
C'est maintenant un gros machin,
tout vilain, tout jaune et tout gluant.
Ces foutus pucerons ont envahi l'un de mes rosiers.
Le grainetier, vendeur de produits bios, m'a vendu un produit "c'est pas bio mais ça sera efficace" en m'expliquant que le temps chaud de ces derniers jours est la cause de cette ruée de pucerons.
Pendant ce temps le plan chaleur, pardon Canicule, est déclenché dans 3 départements.
Gare aux vieux, gare aux enfants, gare à tout, gare à toi !
Sur le marché, dans les boutiques, on récrimine :
"quel temps!","vous avez vu ce temps?"," quelle chaleur!".
Mais que fait la police ?
Tant de chaleur est insupportable.
Il faut climatiser la France, aseptiser ses cités,
nettoyer ses pavés, karcheriser ses entrées,
évacuer tous ces étrangers, rendre la France aux Français.
Je trouve, moi aussi, ce climat étrange, bizarre.
Oui j'ai dit bizarre!
Que se passe t'il ? Que nous arrive t'il ?
Sommes nous toujours vivants ?
Sommes nous endormis ?
Quelle est cette inquiète léthargie qui semble s'immiscer partout ?
Serait-ce l'ether du vampyr dans la chambre de Mina ?
Consentants terrorisés, apeurés sans volonté, comme elle nous semblons tournicoter.
Tournicotis, tournicotons!
Qui sera mon zébulon ?
Bientôt nous partons,
sous d'autres cieux,
d'autres horizons,
nous couler dans une chaleur de fournaise,
bruler nos regards au soleil aveuglant,
voir tout grand, tout éclatant, tout vibrant.
Vivre.

21/06/2005

Akon? Encore Akon?

Plus le temps passe, en somme plus je vieillis, plus j'aime le hip hop.
Je l'aime surtout quand il est fin et malin et musical; par exemple, O.D.B. ou le Wu Tang bien sûr mais aussi Outkast et De La Soul, et pas mal d'autres comme Emanon [et bien oui!] ou Afu-Ra et d'autres comme Eminem mais pas 50, par exemple.
J'en écoute beaucoup, mais j'écoute beaucoup de musik.
Là, pile maintenant, j'écoute un disque apparemment pas sorti du camarade Akon.
Vous connaissez notre ami sénégalétazunien et son album Trouble.
La récidive que j'écoute se nommerait In Your Eyes, du nom de l'éponyme morceau qui en constitue la première plage.
Excellent premier morceau au demeurant, dont on pourrait penser qu'il est sur la tonalité du succès mondial [et mérité, à mon avis] "Lonely", qui en a la douceur, mais qui va plus loin avec, toujours, ses lyrics tip-top-hip-hop d'Akon.
"In Your Eyes" [appelons le comme ça] est aussi un album de participations sur lequel figure, entre autres, notre seine-et-marnais favori Monsieur R qui se mêle à "Rebel Musik" que l'on retrouve sur son propre album "Politikment Incorrekt".
Mais ce "In Your Eyes" n'est pas seulement un album de "hey-dude-lemme-play-wit-ya" buddies, c'est d'abord un album très perso, bien dans la manière d'Akon.
Il s'affirme vraiment comme un Youssou N'Dour du hip hop [en particulier sur Little Do They Know] avec des syncopées ultra-afrique de l'ouest, des riffs de guitare qui rappelleront à certains quelques sons de King Sunny Ade ou de citoyens guitaristes comme Diblo Dibala ou Rigo Star [sur Block To Block]. Le tout en même temps très east-coast, très ouvert et mellow, très new-yorkais en fait, avec des références à La Mano qui font bien plaisir à entendre.
Alors, Akon, world Hop ?
P'têt ben koui.

Muzikafon !!

20/06/2005

Lynda & Andrew

Le chaud week-end qui vient de s 'achever a été pour moi l'occasion de découvrir une auteure que je ne connaissais pas : Lynda La Plante.
Avec un tel blaze on pourrait croire qu'il s'agit d'une québequoise ou d'une pensionnaire du Crazy Horse; pas du tout, Lynda est écrivaine, productrice de télévision, scénariste et actrice. N'en jetez plus!
Pour ceux qui s'intéressent un peu plus à elle et au business des auteurs à succès ultra-bosseurs, je recommande fortement la visite de son site internet où l'on verra qu'on n'a rien sans rien. Comme le dit un de mes amis « bavard » : les millions, ça chie pas!
Revenons à nos moutons ou, plus circonstantiellement, à notre sujet.
Je viens donc d'achever la lecture de "Above Suspicion"
Dans ce roman, Lynda La Plante met en scène une jeune inspectrice nouvellement assignée au département des enquêtes criminelles que dirige un chef bougon, mal embouché, mais "là quand il faut pour ses subordonné(e)s". L'intelligente, travailleuse et astucieuse inspectrice va nous faire des débuts ultra dangereux en cherchant à mettre la main sur un horrible tueur en série.
Comme souvent dans la tradition anglaise du polar, on sait très vite qui est le coupable et on suit notre enquêtrice dans sa traque aux indices, aux éléments matériels qui permettront d'obtenir mandats de perquisition, d'amener, coeteri, coetera. Bref, en un mot comme en cent, de confondre l'odieux criminel.
Excellent ouvrage qui nous plonge dans l'enquête, ses tours et détours, dont les pérégrinations fourniront à notre enquêtrice et à son chef l'occasion de...
Mais je n'en dirai pas plus.
La lecture de ce roman m'a évoqué un de mes auteurs de polar favoris, le très sombre, très novateur et très militant de son sujet Andrew Vachss.
Vachss est un immense auteur qui a été reconnu en France en 1988 avec l'un de ses tout premiers romans : Strega, publié ici sous le titre "La Sorcière de Brooklyn".
Le talent de Vachss est impressionnant, au moins autant que la galerie de personnages qui peuplent ses romans : The Mole, le chien Pansy etc.
Andrew Vachss mène un combat auquel il voue toute sa vie et sa puissance créatrice : la protection de l'enfance; plus précisément la lutte contre la maltraitance des enfants.
Il écrit ses romans [de vrais best-sellers aux USA] sur ce sujet, il a été directeur de centre de détention de jeunes, directeur de prison puis a entamé ses études de droit pour devenir, c'est lui qui le dit, un "chasseur", un chasseur de pédophiles et de brutes. Il utilise l'essentiel de ses revenus d'auteur pour financer la représentation légale des enfants victimes d'abus.
Son site internet est éloquent.
Son oeuvre d'écrivain est un choc déflagrant.
Je vous recommande, si vous ne les avez déjà lus, et pour commencer,
Flood [son premier], Strega, Hard Candy.
Je vous préviens c'est un choc.
D'autant qu'on sent bien que beaucoup de choses décrites sont vraies.
Fascination et écoeurement sont mêlés et on ne respire, mal d'ailleurs, que quand le châtiment s'abat sur les affreux. A chaque nouveau roman on se dit que Burke [le héros] est Sisyphe. Et c'est vrai. Et c'est dur à accepter.
Comme on dit outre-Atlantique,"it helps you put things into perspective".
Indeed.

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